lundi 5 avril 2010

Sick Sad World n°1

Même si elle est bien moins loufoque que tout ce que l'on a pu voir en titre de l'émission préférée de Daria et de Jane (voir, pour ceux qui ne connaissent pas, l'anime Daria), il me semble que ce qui suit est en tout point digne de figurer dans une rubrique titrée "Triste monde tragique".

Tout commence assez simplement aux Etats-Unis, en Géorgie, au mois de mars dernier. Au départ, c'est une victoire : celle de Derrick Martin, 18 ans, qui obtient de son lycée la permission de venir au bal de promo avec son petit ami (externe au lycée). Je parle de victoire pour deux raisons : d'abord parce que la première réponse du lycée fut de dire non et que une semaine après, il a fait marche arrière. Victoire aussi parce que, dans le même temps, le lycée agricole Itawamba a lui préféré annuler son bal de promo, plutôt que de permettre à Constance McMillen de venir avec sa petite amie (décision entre temps condamnée par la justice). Mais ce que je trouve particulièrement intéressant -et affligeant- dans cette affaire, c'est la réaction de l'entourage. Parents, camarades et même ses amis homos lui tournent le dos. Et je ne parle pas de ceux et celles qui parlent de monter un bal privé sans gay. Sans m'attarder sur ce que cet exemple à de pathétique, je voudrais ici souligner quelque chose qui me semble central dans la dénonciation de l'homophobie ambiante. Reprenons les choses sous un autre angle.

Après une réponse "de principe", l'Institution revient sur sa décision, ce que l'on ne peut que louer. Mais ce qui coince ce n'est pas l'institution, la loi ou quoi que ce soit d'autre. Ce sont les gens. Il me semble que ce n'est pas un constat aussi absurde qu'il n'y paraît. Qui avant tout impulse (ou du moins est sensé impulser) les lois ? Qui, par son comportement est la base et impose la ligne de conduite de toute la société, de toutes les sociétés? Vous, moi, eux. NOUS.

Je sais : on dirait des grands mots jetés sur un écran avec la facilités des choses que l'on dit parce qu'elles sonnent juste. Mais réfléchissez-y un instant : ai-je totalement tort ? Voilà ce à quoi je souhaitais arriver. 

Trop souvent on se réfugie derrière les institutions. Le mariage homo? L'adoption par des couples du même sexe? Les discriminations contre les LGBT, et plus largement toutes les discriminations ? On ne peut rien faire, ce sont aux autorités d'agir. Oui et non. Oui dans la mesure où seules des lois vraies et solides peuvent protéger. Mais non dans la mesure où, il me semble, c'est à nous de nous comporter de telle sorte que les choses doivent changer. Une précision toutefois : je n'ai pas la prétention faire que tout le monde soit favorable au mariage homo ou à l'adoption. Ce que je veux dire ici, c'est que le fait de ne pas être d'accord ne devrait être ni d'un côté ni de l'autre, une raison de rejet. Peut-être avez-vous fait, comme moi, l'expérience d'un avec une catholique croyante et pratiquante et un homo assumé. Eh bien croyez-moi : même aucun des deux n'a changé d'avis, il y a eut un vrai dialogue. Quel intérêt ? demanderons certains, puisque personne n'a changé d'avis. Cela a pour intérêt que tout deux aura pu exposer son point de vue avec des arguments intelligents et donc dans un respect mutuel, ne serait-ce que par le fait de reconnaître que ce que l'autre dit n'est pas irrecevable. On peut concevoir tout-à-fait que certains rejettent l'homosexualité en accord avec leur croyance. Il n'y a problème que si ce refus prend une forme systématique (je ne parle même pas de violente ou de radicale). "Compte tenu de ma foi, c'est quelque chose que je ne peut pas concevoir" m'a dit mon amie. Pas de problème puisque nous avons pu en parler intelligemment et que ce n'est pas pour autant qu'elle en appelle au bûcher chaque fois qu'elle me croise dans un couloir. 

Pour conclure un peu tout ça, je dirais que ce que montre l'exemple de Derrick, c'est que les autorités ne sont pas fondamentalement à mettre en cause. C'est le comportement global des individus qui conditionne avant tout la manière qu'auront les lois et les règles de répondre à ce genre de situation. Je ne demande pas à tous de planter un drapeau arc-en-ciel devant chez lui, je me contente de poser une question : nous ne sommes pas d'accord, mais nous est-il pour autant impossible de vivre ensemble ?

 

 

Sources : deux articles de Margaux Guignard pour Tetu.com, les 24 et 31 mars 2010.

Posté par PensoetScribo à 15:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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